Loic Guines Le bio tout en nuances. Le Télégramme.

Loïc Guines n’est pas le seul membre du syndicat à s’être laissé tenter par l’agriculture biologique. La fédération nationale compte 10 % d’agriculteurs bio parmi ses 212 000 adhérents..
Loïc Guines n’est pas le seul membre du syndicat à s’être laissé tenter par l’agriculture biologique. La fédération nationale compte 10 % d’agriculteurs bio parmi ses 212 000 adhérents.. (Photo E.V.)
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Le président en Ille-et-Vilaine du principal syndicat agricole français, la FNSEA, s’est converti à l’agriculture biologique il y a un an. Un choix qui n’affecte pas ses positions syndicales. Il reste convaincu que les produits phytosanitaires sont nécessaires pour certaines cultures, même à faibles doses.

Rien ne prédestinait Loïc Guines, éleveur laitier, à se tourner vers l’agriculture biologique. « Si vous m’aviez dit il y a dix ans que je passerai au bio, je ne vous aurai jamais cru », raconte l’agriculteur de 55 ans, qui se trouve être également président de la fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles d’Ille-et-Vilaine (FDSEA) depuis six ans. Et pourtant, le voici, avec son frère Jean-Philippe, à la tête d’une exploitation laitière en conversion bio à Saint-Marc-sur-Couesnon (35).

Depuis janvier 2018, l’éleveur nourrit ses cent vaches prim’Holstein à l’herbe et au maïs produits sur l’exploitation. Dès le début, certains de ses collègues ont commenté son choix sans vraiment le comprendre. « J’imagine bien qu’il y en a que cela doit agacer. Il y a des collègues qui m’ont demandé si j’allais continuer à les défendre même s’ils étaient en conventionnel, indique Loïc Guines. À cela, je leur ai répondu que j’allais continuer à les soutenir, bien sûr. Je ne suis pas sectaire ».

« Regard dépassionné sur le bio »

Mais, dans la plupart des cas, ses collègues agriculteurs ont bien accepté sa conversion. « Loïc a un regard dépassionné sur le bio. Il prend du recul et il n’est pas dans la caricature. Il ne faut pas croire qu’à la FNSEA, il n’y a que les grosses exploitations intensives, en réalité c’est plus complexe sur le terrain », précise Patrice Chevrel, éleveur de porcs et de vaches laitières à Saint-Aubin-du-Cormier (35).

Sa transition ne s’est pas faite du jour au lendemain. Depuis quelques années déjà, l’agriculteur et son frère ont beaucoup réduit la culture de blé et de maïs et sont passés d’une agriculture intensive il y a trente ans à une agriculture quasiment biologique. En 1996, lors d’une formation avec le syndicat, ils visitent une ferme dans le Finistère. L’agriculteur en question avait réduit les céréales et nourrissait ses animaux à l’herbe principalement. La rentabilité était au rendez-vous puisque, même s’il y avait moins de lait, il y avait aussi moins d’investissement au départ.

Pragmatique, Loïc Guines tente alors l’aventure et tend progressivement vers l’agriculture biologique. « Je pense que l’élevage laitier se prête bien aux cahiers des charges du bio, contrairement à d’autres exploitations », nuance Loïc Guines qui était plus réticent à la conversion que son frère. L’éleveur était inquiet : « Et si une vache tombe malade, comment je fais ? ».

470 € la tonne en bio

Aujourd’hui, Loïc Guines vend son lait en circuit long à la coopérative Agrial. En 2018, la tonne de lait était payée 470 € en bio contre 320 € en conventionnel. Lui touche le prix du conventionnel additionné de 30 € de prime à l’incitation puisqu’il est en conversion. Il touchera le prix pour le bio lorsqu’il sera certifié en janvier 2020. L’agriculteur gagne bien sa vie. Selon les mois et les cours du lait, il déclare des revenus allant de 1 500 € à 4 000 € brut.

Tout juste élu à la tête de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine, Loïc Guines veut lutter contre l’agribashing, le fait de dénigrer les pratiques des agriculteurs. « Il faut arrêter de tout mettre sur le dos des paysans. On est sans cesse contrôlés et on respecte les règles ».

Au sujet du glyphosate, il ne cache pas son irritation. « C’est irresponsable et ridicule de prendre ce principe actif pour cible, plaide-t-il. Il faut arrêter de croire que les agriculteurs utilisent les pesticides en masse. C’est comme les antibiotiques, ce n’est pas automatique ».

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